Réflexion de Tony Labillois
Le 20 juillet 2026
Alors que nous entrons dans les derniers mois de 2026, l’accessibilité se trouve à un tournant important.
Au cours de la dernière décennie, le Canada a créé un véritable élan grâce à la législation, aux normes, à la recherche, à l’innovation et, surtout, au leadership des personnes ayant une expérience vécue. Nous avons démontré que l’accessibilité n’est pas un enjeu marginal; elle est fondamentale pour les droits de la personne, la croissance économique et la participation, ainsi que pour le renforcement de nos communautés.
Pourtant, le rythme des changements qui nous entourent s’accélère. L’intelligence artificielle transforme notre façon de travailler, d’apprendre, de communiquer, de nous déplacer et d’accéder aux services. Notre population vieillit. Les pénuries de main-d’œuvre continuent de poser des défis aux employeurs. Les attentes du public en matière de services inclusifs ne cessent de croître. Ces tendances ne sont pas distinctes de l’accessibilité – elles la redéfinissent.
Parallèlement, l’accessibilité ne consiste plus uniquement à éliminer les obstacles. Elle devient l’une des caractéristiques déterminantes des organisations résilientes, des institutions dignes de confiance et des communautés prospères. Les choix que nous faisons aujourd’hui auront une incidence non seulement sur les personnes qui pourront participer demain, mais aussi sur la capacité du Canada à innover, à être concurrentiel et à exercer un leadership avec confiance dans un monde de plus en plus diversifié et axé sur la technologie.
La question qui se pose à nous n’est plus simplement : Comment éliminer les obstacles?
Elle est plutôt : Comment concevoir une société qui tient compte de la diversité humaine dès le départ?
L’accessibilité doit de plus en plus devenir un catalyseur d’innovation plutôt qu’un simple exercice de conformité. Les organisations qui exerceront un leadership dans les années à venir seront celles qui comprendront que l’accessibilité n’est pas un accommodement destiné à quelques personnes, mais un principe de conception qui profite à tout le monde.
Cela exige également que nous repensions notre façon d’aborder la technologie. L’intelligence artificielle, les infrastructures numériques et les technologies émergentes ne devraient pas simplement automatiser les systèmes actuels – elles devraient nous aider à les repenser. Lorsqu’ils sont utilisés de manière responsable et inclusive, ces outils peuvent accroître l’autonomie, personnaliser les services, faciliter la navigation, élargir les possibilités de communication et créer des occasions qui étaient inimaginables il y a seulement quelques années. La technologie à elle seule ne garantira jamais l’accessibilité, mais l’accessibilité doit contribuer à façonner l’avenir de la technologie.
Cela exige quelque chose de tout aussi important : la collaboration. Aucun gouvernement, aucune entreprise, aucune université, aucun organisme communautaire ni aucune personne ne peut bâtir seul un Canada accessible. Les plus grands progrès se produisent lorsque l’expérience vécue, la recherche, la technologie, les politiques et le leadership convergent autour d’un objectif commun.
Il est tout aussi important d’être disposé à passer de la consultation à la cocréation. Les personnes en situation de handicap ne sont pas simplement des parties prenantes à consulter; ce sont des innovateurs, des professionnels, des chercheurs, des entrepreneurs et des leaders dont les perspectives contribuent à améliorer les décisions pour tout le monde. Concevoir avec les personnes plutôt que pour elles, voilà comment créer un changement durable.
En tant que membres du Réseau canadien d’accessibilité (RCA), nous faisons partie de cet effort collectif. Chaque partenariat que nous établissons, chaque conversation que nous avons et chaque obstacle que nous prévenons avant même qu’il ne se présente contribuent à façonner un avenir où l’accessibilité est intégrée dès le départ – et non ajoutée après coup.
Peut-être que la mesure de notre réussite ne sera pas le nombre d’obstacles que nous aurons éliminés, mais plutôt le nombre d’obstacles que les générations futures ne rencontreront jamais parce que nous aurons choisi de concevoir autrement.
L’avenir de l’accessibilité ne concerne pas simplement l’accès.
Il concerne le sentiment d’appartenance, la participation, les possibilités et la certitude que chaque personne peut mettre ses talents au service du Canada.
En fin de compte, l’accessibilité reflète la façon dont nous nous percevons les uns les autres. C’est un investissement dans le potentiel humain et un engagement à faire en sorte que chaque personne ait la possibilité non seulement de participer, mais aussi de diriger, de créer, d’innover et de façonner notre avenir collectif.
Continuons à bâtir cet avenir ensemble.